Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for septembre 2010

« Dans mon froc », chantait Léo Ferré, « la lucidité se tient dans mon froc » (La solitude).

Et l’on se surprend à regretter que, sur le caillou, les mâles dominants qui nous gouvernent n’aient pas la lucidité dans leur ventre plutôt qu’en dessous de la ceinture. Si c’était le cas, peut-être leur viendraient-ils l’idée de s’intéresser à la législation relative aux titres restaurants*.

Rappelons à cet égard, qu’un titre restaurant est un moyen de paiement qui permet aux salariés ne disposant pas au sein de leur entreprise d’une structure de restauration de prendre leur repas à l’extérieur, dans des restaurants ou commerces assimilés. Egalement appelés tickets restaurant ou chèques déjeuner, ils correspondent à un avantage en nature, négocié dans le cadre d’un accord d’entreprise ou consenti par l’employeur qui le cofinance. En France, la part contributive de l’employeur est comprise entre 50% et 60% de la valeur du titre.

Mis en place en métropole, depuis 1967, ce sont aujourd’hui 460 millions de titres qui sont distribués chaque année aux salariés pour leur apporter une aide à la restauration quand ils ne peuvent bénéficier d’une « cantine » collective. Aide non négligeable puisqu’elle représente un complément de ressources d’environ 1146 € annuel (montant maximum du ticket journalier : 5, 21 euros). Certes, en Nouvelle-Calédonie, il y eût bien un vœu du Comité économique et social en 1997 pour favoriser ce dispositif. Mais, un vœu, tout le monde sait que cela n’a pas beaucoup de valeur…enfin sauf lorsqu’il s’agit d’accrocher une « nappe » à un poteau.

Sauf erreur, il me semble que cet avantage n’a toujours pas été étendu aux travailleurs de Nouvelle-Calédonie. Mais bon, il est vrai qu’ici, les privilèges sont généralement plutôt accordés aux groupes de l’alimentaire qui se sont partagés le marché et pratiquent des prix exorbitants, sans aucun risque de concurrence. Ou alors aux hôteliers de luxe qui ne supportent pas de voir des pique-niqueurs faire des escapades gourmandes sur leurs bouts de plages réservées aux riches. Hé, question de mœurs sûrement…

* cf article L. 3262-1 et suivants du code du travail. Voir aussi le site de la commission nationale des titres de restaurants : www.cntr.fr .

Publicités

Read Full Post »

D’où vient cette tendance depuis quelques années à présenter des informations de manière violente, provocante ou cynique ? Entre une Lady Gaga qui s’habille en robe de viande, un David Beckam qui relance sa notoriété en menaçant une prostituée de procès à hauts enjeux financiers (David Beckam exige 6 millions d’une prostituée bosniaque), des politiques qui insultent et veulent kärchériser les banlieues, des campagnes de prévention contre les accidents de la route dignes de film gore (Insoutenable : la dernière campagne de sécurité routière), les déboires judiciaires de nez un peu trop sniffeurs comme ceux de Paris Hilton, Amy Winehouse ou Jean-Luc Delarue, le mari d’Ingrid Betancourt qui lui réclame la moitié de ses biens et fait passer une femme retenue en otage pendant 6 ans pour une redoutable mante religieuse, l’autre Mme Bettencourt, à moitié sénile sur ses milliards cosmétiques et ses histoires de gigolos, photographe ou ministres, mais quelle mouche les a piqués pour que la plupart des médias nous assènent en permanence le laid, le dégradant, le voyeuriste, le vulgaire ?

Tiennent le haut du pavé, le sexe, la drogue, la corruption politique et les terroristes, du délinquant qui viole la vieille dame au poseur de bombe dans les avions. Pas un seul jour sans son lot de violence, de perversité, d’absurde, de noir, de vomitif. On me dira que cela a toujours été comme ça, qu’il faut faire prendre conscience aux gens de ce qui est mal pour qu’ils filent droit…mouais…peut-être…en même temps, la surenchère permanente dans le trash du trash, j’suis pas certaine que ce soit très efficace. Très déprimant, c’est sur, mais très efficace ?

A côté de ça, ce qu’on appelle « bonnes nouvelles » est une sorte de ramassis des dernières tendances économiques : Le Cac 40 a pris 0,6 point ; Bill Gates est toujours l’homme le plus riche du monde ; le vaccin « tout en un » contre la grippe vient de sortir (pour relancer encore les industries pharmaceutiques ?), Israël et la Palestine cherchent un accord (depuis le temps…).

Question art et culture, c’est facile, on prend Men et on l’ajoute à toutes les sauces : Compagny Men, Mad Men, X-Men ou alors on résume le dernier épisode de la dernière émission de télé-réalité, type Secret Story ou Koh Lanta…pathétique d’ennui…

Ceci dit, quand c’est trash mais politiquement incorrect, c’est censuré : c’est ainsi qu’a été demandé le retrait d’oeuvres d’un artiste brésilien montrant l’assassinat de personnalités politiques à la Biennale de Sao Paulo (Controverse à la biennale de Sao Paulo : l’assassinat est-il un art ?). Ou qu’est susceptible de sanction pénale toute représentation artistique outrageante du drapeau (L’outrage au drapeau passible de 1500 euros d’amende). Le trash, c’est bien mais à condition que cela ne gêne pas trop les politiciens.

Y’a au moins une constante, c’est que globalement, les unes médiatiques ne parlent jamais de cette grande majorité de personnes qui bossent, se marient, font des enfants, vivent normalement et souvent très simplement. De cette grande majorité qui ne fréquente pas les strass des boites de nuit, les ors des palais républicains ou judiciaires, les moquettes moelleuses des hôtels de luxe ; qui ne voyage pas en première classe et fait ses comptes tous les jours en se demandant comment elle arrivera à boucler ses fins de mois, à payer les fournitures et les livres scolaires de ses enfants, à changer les lunettes du petit dernier qui a grandi ; qui craint la maladie ou le licenciement qui l’empêcherait de rembourser les traites du prêt qu’elle a souscrit pour avoir un lieu de vie stable. Quantité négligeable…la plèbe et ses petits rêves tranquilles, aucun intérêt d’en parler…Tous ces gens sans ambition sont inutiles, juste bons à travailler pour remplir le compte en banque des voraces, cupides et autres chercheurs de gloire à exhiber all around the world. Triste monde finalement.

Read Full Post »

Récemment, j’ai lu un article que j’ai trouvé particulièrement intéressant sur la rhétorique politique actuelle. Ecrit par Philippe Huneman, philosophe et chercheur au CNRS, dont je reproduis un extrait  :

C’est une ficelle bien connue des psychologues sociaux et des profs de marketing: qui veut faire ingurgiter un anaconda à autrui, doit d’abord lui faire avaler une couleuvre (une petite, puis une grosse, puis un cobra, un boa constrictor, etc.). La technique repose sur cette règle simple: si j’entends une proposition dont l’intensité d’aberration est n(«entendre» au sens de: considérer que je puis la prendre au sérieux, éventuellement la discuter, et tenir son énonciateur pour un interlocuteur possible), je suis prêt à entendre une nouvelle proposition dont ce degré sera n+a (a étant 3, ou 4, etc., variant selon les sociétés et l’échelle de mesure). Donc, à force de couleuvres toutes plus aberrantes l’une que l’autre (n+2an+3a, etc.), on sera préparé à entendre cet énoncé de degré n+10a qui est tel que, quelques temps auparavant, on n’aurait jamais imaginé qu’il fût possible de le proférer sérieusement. Cette technique est excellemment employée par nos gouvernants.

Chacun sait…rien ou les ravages de la rhétorique

Et c’est exactement l’impression que j’ai, s’agissant de l’application actuelle des accords de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

Ainsi, en ce qui concerne la question du drapeau commun, qui doit représenter l’identité kanak et le futur partagé par tous, l’utilisation du « c’est un fait » pour ne pas respecter les dispositions de ces accords a été particulièrement mise en avant.

On a pu entendre des :

– chacun sait que le pays n’est pas prêt pour un drapeau commun

– chacun sait que ce drapeau n’a pu être adopté en 12 ans et qu’il ne pourra donc pas l’être par la suite

– chacun sait qu’une fois le drapeau kanak élevé, il ne descendra plus et deviendra le signe identitaire du pays

Première couleuvre, enfin, c’est déjà un peu plus qu’une couleuvre…un bon tricot rayé…Le drapeau d’un pays étant quand même ce qui le représente intérieurement et internationalement, on peut penser que les politiques se sont dit : s’ils avalent ça, tout le reste passera. Et ce n’est pas faux. A partir du moment où le signe le plus important d’un pays est choisi en dehors des règles légales qui régissent ce pays, modifier ensuite sa « Constitution » devient un jeu d’enfant. Qui peut le plus peut le moins comme on dit.

Une partie de la population a néanmoins réagi en indiquant qu’elle ne considérait pas le drapeau retenu comme le signe identitaire prévu par les accords de Nouméa. Il a donc été lancé une opération rampante pour décrédibiliser ceux qui s’insurgeaient contre cette entorse à la règle commune. Et on a entendu des :

– chacun sait que ceux qui sont pour le drapeau commun sont en réalité contre le drapeau kanak

– chacun sait qu’ils veulent créer de la zizanie alors que tout le monde est d’accord

– chacun sait que ceux qui ont proposé un autre drapeau ne sont pas représentatifs de la population et que ce sont des extrémistes

Exit donc le drapeau commun.

Les serpents suivants sont du même accabit :

– chacun sait que les questions prévues par le référendum de 2014 sont trop compliquées et qu’elles ne peuvent être posées en l’état

– chacun sait qu’il faut que ce référendum soit approuvé par une très large majorité

– chacun sait qu’il est nécessaire qu’il n’y ait pas de perdant

– chacun sait que la démocratie, c’est faire valoir les droits des minorités

– chacun sait que le gel du corps électoral est fait pour préserver les droits des citoyens calédoniens

– chacun sait que toutes les compétences ne pourront être transférées et qu’il faut mettre en place une souveraineté partagée

– chacun sait qu’il y a deux communautés, les kanaks et les caldoches et que ces communautés sont différentes

– chacun sait qu’il faut approfondir la citoyenneté calédonienne et l’ériger en nationalité

Bien entendu, toutes ces affirmations ont leur contraire, toutes aussi valables, voire même plus puisque les positions contraires sont fondées sur le respect de la légalité et sur la notion de destin commun. Mais l’on assiste à un curieux renversement au terme duquel invoquer les accords de Nouméa reviendrait à convoquer des puissances démoniaques, parce que « chacun sait qu’il ne faut pas s’en tenir à la lettre du texte ».

Et l’on pourrait multiplier à l’infini ces évidences qui sont assénées à un peuple complètement abasourdi par les énormités qu’il entend. Mais qui avale au fur-et-à-mesure les couleuvres qu’on lui tend. Bah, après tout, chacun sait que, de toute façon, indépendance, demi-indépendance ou autonomie, c’est mal barré pour la grande majorité. Au moins, pour ça, y’a pas besoin de faire un référendum.

Read Full Post »

Le doppelgänger (mot d’origine allemande signifiant double, sosie), est employé pour désigner le double éthérique d’une personne vivante, son jumeau invisible si on peut dire ainsi. Généralement maléfique (cf Cain et Abel, Romulus et Rémus), le doppelgänger, bien connu des artistes (voir par exemple : Gainsbourg : vie héroïque ou le Horla de Maupassant) peut conduire une personne à adopter des attitudes complètement contraires à sa nature profonde, pouvant la mener jusqu’au dépérissement total et à la folie. On raconte également que voir son double est synonyme d’une mort prochaine mais cela semble plutôt relever d’une légende.

Est-ce que les politiques français et au premier chef, Nicolas Sarkozy et son gouvernement, sont les jouets d’un doppelgängler les conduisant systématiquement vers le gouffre, pour ne pas dire vers le four ? C’est la question que je me pose lorsque j’observe la politique mise en oeuvre par l’Etat. Alors, certes, on me dira qu’il est habituel chez les politiques de tenir des doubles discours et de ne pas respecter leurs promesses. Certes. Mais quand tous les discours sont suivis d’actes contraires, ne faut-il pas y voir plutôt les traces d’un « ensorcellement » que celles des mensonges classiques ?

Pour ne prendre que quelques exemples :

– La crise qui a touché les banques a mis en lumière la nécessité de réguler les transactions financières. Et on a eu droit à de beaux discours sur les abus des traders. Or, s’agissant des mesures à prendre, toute l’Europe s’accorde à dire que Paris et Londres freinent la mise en place de l’encadrement des fonds spéculatifs (hedge funds), mis en chantier depuis plus d’un an et demi.

– Après le Grenelle de l’environnement et le discours de Copenhague, paravents médiatiques destinés à récupérer les voix des électeurs écologistes aux régionales, le développement des énergies durables semble avoir été complètement enterré : accords pour favoriser les constructeurs d’automobiles gourmandes en carburant, poursuite et développement du nucléaire, suppressions des niches fiscales concernant l’environnement…

– En matière de santé publique, plus d’un milliard d’euros ont été dilapidés pour lutter contre un virus de grippe qui a complètement disparu, enrichissant les industries pharmaceutiques, pendant que la réforme des hôpitaux introduisait les modes de gestion « à l’américaine » pour augmenter leur « rentabilité » et que la baisse des remboursements des consultations médicales et des médicaments instituait une médecine à deux vitesses. A tel point que près d’un quart des Français renoncent à se soigner (+12% en un an).

– S’agissant de la sécurité, après le fameux « tolérance zéro » et le nettoyage au kärcher annoncé des banlieues, on pouvait s’attendre à une baisse des chiffres de la délinquance. Or, il n’en est rien. Les policiers n’ont finalement été mobilisés que pour lutter contre la délinquance routière, la réforme de la justice a abouti à une réduction de ses moyens et les prisons sont toujours en projet de construction. Mais, la médiatisation de l’insécurité, réelle ou supposée est devenue comme une mauvaise série de télé-réalité, dont il est diffusé un épisode à chaque déstabilisation de la présidence ou du gouvernement. C’est ainsi qu’à l’affaire « Woerth », il a été répondu « expulsion des roms et des gens du voyage » et que l’examen du projet de loi sur les retraites fait resurgir la menace d’attentats terroristes.

– L’audiovisuel public sans publicité, censé améliorer la qualité des programmes, ou plus vraisemblablement le contrôle de leur contenu vient de se saborder en acceptant la publicité diurne, le dispositif envisagé qui coûte déjà 450 millions d’euros par an étant insupportable sur le plan budgétaire.

– « Je respecte toutes les cultures à travers le monde ». Tel était le discours du candidat à la Présidence de la République laïque, avant d’être fait chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran par le pape, d’encenser les valeurs de la civilisation chrétienne et d’expulser par charter les arabes, les africains et…les roms au point de s’attirer les foudres du pape lui-même.

– On cherchera vainement quel est le démon qui pousse certains ministres à intervenir en dehors de leurs domaines de compétence. C’est ainsi que Christian Estrosi, ministre de l’industrie a proposé cet été de sanctionner les maires trop laxistes en matière de sécurité ou que Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur marche en ce moment sur les plates-bandes de sa collègue de la justice. Un démon nommé « remaniement ministériel » peut-être, dont les manifestations montrent à quel point, au sein de la classe dirigeante, la rivalité et la défiance ont fait leur nid.

– La dernière intervention du doppelgängler agissant dans l’ombre semble avoir pour but de monter les femmes contre les hommes. Pendant qu’une banale prostituée est placée au centre d’une affaire de football surmédiatisée qui fait tomber les têtes des entraineurs et des dirigeants, l’organisation des crèches est remaniée, les allocations familiales sont supprimées en cas d’absentéisme scolaire et les femmes passent à la trappe pour leurs retraites…enfin, pour ce dernier cas, pas tout-à-fait…manipulées par l’opposition, elles sont un peu montées au créneau mais le mouvement fût vite récupéré et sert maintenant à diviser les hommes et les femmes pour éviter des manifestations trop virulentes. C’est oublié que les dernières réformes sur l’égalité hommes-femmes telles que le travail de nuit ou les retraites des pères ayant élevé trois enfants n’ont conduit qu’à appauvrir un peu plus la majorité de la population, sans distinction de sexe.

Comment se débarrasser d’un doppelgänger, aussi puissant, qui mène vers le tombeau ? Comme pour tout doppelgänger, la survie impose de le tuer. Mais ses bras sont tentaculaires et l’eau qu’il crache paraît tout droit sortie de la bouche du dragon de l’Apocalypse…Le 4 octobre, cela fera 1260 jours qu’il est entré en voie de destruction, selon mon calendrier…Se consoler en regardant de jolies choses :

Read Full Post »

...petites, les lavabos sont trop bas et la queue des casseroles est mal isolée ».

C’est en se référant à Wolinski que notre cher Eric Woerth qui traîne de grosses casseroles (après le scandale de l’affaire Bettencourt, s’approche à grand pas celui de l’affaire Wildenstein) devrait imaginer une solution pour éviter que les femmes soient fortement pénalisées par la réforme des retraites en cours.

La casserole est un ustensile de cuisine, munie d’un manche aussi appelé « queue » (source Wikipedia). Objet attribué généralement aux femmes, qui passent une bonne partie de leur temps derrière les casseroles, M. Woerth semble pourtant avoir oublié ce que les femmes savent depuis longtemps : qu’un homme est comme une casserole, il se tient par la queue.

Il devrait donc faire un peu d’efforts s’il ne veut pas se retrouver émasculé par une bande de futures retraitées en colère. Car, autant le dire, pour ce qui me concerne, il n’est pas question que je passe à la casserole des 62 ans, dussé-je lui en accrocher une au bout de la queue, comme le font certains garnements à la queue des chiens pour faire un peu de tintamarre dans les rues. Et, je ne veux pas de ses pseudos-mesurettes de réduction des inégalités salariales, à effet différé, qui ne sont que des trompe-l’oeil. Cela fait des années que les femmes réclament des salaires égaux, à compétences égales et que quasiment rien n’a été fait alors il ne croit pas que je vais gober ses billevesées. Donc, il se débrouille comme il veut, le ministre, mais il change ma cuisine sinon j’lui confectionne une recette aux mêmes effets secondaires que le dessin ci-dessus…non mais…

Tiens, pour l’occase, j’vais même mettre un article paru dans Elle, magazine que je ne lis jamais. C’est dire à quel point ça m’énerve : Eric Woerth reste inflexible…Fais gaffe, Eric, à ne pas trop me les casser dans ton rôle de voleur de sous, la queue d’une casserole, ça se tord plus facilement qu’on ne le croit…

Read Full Post »

Certes, le Luxembourg est la cinquième place financière d’Europe et donc un pays peuplé de banques pas toujours très honnêtes. Certes, les Luxembourgeois parlent souvent entre eux une langue que ni un Allemand, ni un Alsacien ne comprennent. Mais Luxembourg-ville est un jardin, comme le très célèbre jardin du Luxembourg parisien, où fleurissent bon nombre de petites églises et des fortifications classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Luxembourg-ville possède également la magnifique cathédrale Notre-Dame, dont la photo ci-contre montre une des statues, la Consolatrice des Affligés, réalisée pour commémorer l’épidémie de peste noire*, survenue au XIVème siècle et qui créa des troubles économiques, sociaux et religieux très graves aboutissant à l’exil de certaines communautés, suspectées d’empoisonner les puits. Le 8 décembre 1624, en souvenir de cette tragédie, fût donc installée sur les remparts de la ville une Vierge représentant en partie l’Apocalypse (la lune sous les pieds). Elle fût déplacée par la suite au coeur de la cathédrale Notre-Dame et est considérée aujourd’hui comme la patronne de la cité. La cathédrale Notre-Dame présente également de très jolis vitraux, notamment ceux du choeur, représentant des scènes de la vie de la Vierge, en provenance des ateliers de Laurent Charles Maréchal, maître-verrier, fondateur de ce que Baudelaire appela l’Ecole de Metz. Luxembourg est donc une ville à découvrir, on y mange des glaces énormes qu’il est impossible de finir et l’on y rencontre à peu près tous les citoyens de l’Europe. Calme, pleine de verdure et cosmopolite. Et puis, à défaut d’avoir les moyens d’y voyager, il suffit de la chercher un peu partout sur le web. C’est toujours plus agréable de visiter virtuellement une cité que d’aller faire les voyeuristes sur le Chatroulette X de Calédonie qui vient d’ouvrir.

*beaucoup plus grave que la rhinocérite.

Read Full Post »

Je cliquais sur les actualités du Journal Officiel ce matin (hé oui, ça m’arrive…parfois j’ai comme une envie de m’infliger des maux de tête…une sorte de masochisme…) et je suis tombée sur ça :

Décret n°2010-1088 du 15 septembre 2010 relatif au développement et à la modernisation de la presse en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis-et-Futuna

J’ai donc lu et au bout de la lecture, j’ai compris qu’il s’agissait d’attribuer des aides financières aux journaux et écrits périodiques des îles françaises du Pacifique, présentant un lien direct avec l’actualité (pour info : sur le maquis des aides en matière de presse, cf. l’excellent et incompréhensible site de la : Direction générale des médias et des industries culturelles). Ces journaux doivent être reconnus par la commission paritaire des publications et agences de presse et avoir un caractère d’intérêt général quant à la diffusion de la pensée : instruction, éducation, information, récréation du public…J’avoue qu’en matière d’actualités, la récréation du public dans le Pacifique sous contrôle de la France consistant essentiellement à diffuser des photos de filles à moitié nue sur des plages de rêve ou vendant le dernier modèle de machine à laver, j’étais très moyennement enchantée à l’idée de payer des impôts aux fins de prostitution de mes congénères féminines.

Mais passons…je me suis d’abord demandée : mais que vient faire l’Etat dans les journaux de la Calédonie ? Je croyais en effet que la Nouvelle-Calédonie était compétente en la matière, vu les subventions qu’elle attribue déjà aux quelques radios politiques du territoire. Mais après un rapide coup d’oeil sur la loi organique, rien ne semble avoir été prévu s’agissant de la presse, ce qui permet donc à l’Etat mais, je suppose également aux autorités locales, d’intervenir et d’attribuer des aides (si c’est bien le cas, c’est très dispendieux pour les finances publiques).

L’objet du décret est de viser plus spécifiquement les journaux présentant un caractère d’information politique et générale.

Qui sont donc ces joyeux chanceux qui vont pouvoir bénéficier de p’tits sous pour diffuser des informations politique et générale ? Je suppose que les journaux et quotidiens les plus connus tels que Les Nouvelles calédoniennes, les Infos, le Chien bleu..etc…sont éligibles au dispositif…mais cela devrait aussi être le cas de magazines comme People ou Tazar.

Sont également « assimilés » à des journaux, les services de presse en ligne présentant ce caractère c’est-à-dire « dont l’objet principal est d’apporter, de façon permanente et continue, des informations, des analyses et des commentaires sur l’actualité politique et générale locale, nationale ou internationale susceptibles d’éclairer le jugement des citoyens. Ces informations doivent présenter un intérêt dépassant significativement les préoccupations d’une catégorie de lecteurs » (article 11 du décret n° 2009-1340 du 29 octobre 2009 pris pour application de l’article 1er de la loi n°86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse).

Une condition existe néanmoins : que ces services en ligne emploient, à titre régulier, au moins un journaliste professionnel au sens de la réglementation locale du travail. Pour ceux que cela intéresse, le statut du journaliste calédonien est défini aux articles Lp 612-1 et suivants du code du travail : en Nouvelle-Calédonie, globalement, il n’est pas nécessaire d’avoir fait une école de journalisme, ni même de savoir écrire, il suffit de faire des publications régulières et d’en tirer sa principale rémunération. A la limite, demain, j’arrête de travailler et je remplis ce blog de publicités rémunératrices pour le X et je suis journaliste.

Mais bon passons…

L’ennui avec les aides à la presse, quand on se trouve sur un territoire où le pluralisme n’existe guère, c’est qu’on se rend très vite compte qu’elles servent plus la propagande et la diffusion d’une pensée unique que l’indépendance d’esprit et la liberté de pensée. Un signe des temps, sans doute. En l’espèce, j’ai du mal à comprendre le but de la réglementation ainsi mise en oeuvre. S’agit-il d’attribuer des aides à la presse calédonienne qui jusqu’ici ne semblait pas en bénéficier autrement que par des subventions locales ? Ou s’agit-il pour l’Etat d’affirmer clairement sa compétence en la matière et d’avoir désormais la main mise sur les fonds affectés aux médias ? Depuis le rapport Cardoso (cf sur Mediapart : le rapport Cardoso en 5 tableaux), la deuxième solution me semble plus probable. Mais rien n’est moins sûr, l’idée est peut-être au contraire d’effectuer une communication médiatique de grande ampleur pour convaincre les citoyens de prendre la voie souhaitée par les autorités parisiennes. Quoiqu’il en soit, la grenouille s’en fiche, il fait beau et il y a au moins une image qui l’énervait un peu et qu’elle ne verra plus : c’est celle-là :

Désormais, la fermeture-éclair est complètement fermée et verrouillée. Les suivants sur la liste sont les artistes qui se seraient engagés dans une voie très politiquement incorrecte. Heureusement, sur le caillou, il n’y en a pas.

Read Full Post »

Older Posts »